Moments clés (4)
Trois semaines ont passé.
J’ai revu Erwin plusieurs fois. Rien ne s’est passé. Loin de perdre patience, je vois ma détermination et mon attirance vers lui grandir à chaque rencontre. Cela commence à me faire peur. J’ai déjà vécu ça, une fois, avec Sébastien. Il était hétéro, indécrottablement hétéro. J’avais mis trois ans à m’en remettre. Je ne veux pas revivre ce que j’avais enduré alors et pourtant je cours sur le même chemin.
Je décide d’être plus entreprenant.
Une collègue de Paris est en mission à Maurice. Son hôtel est juste à côté de chez lui. C’est décidé, ce soir après le restaurant, après l’avoir raccompagnée à sa chambre, j’irai le voir.
Moment clé
Je frappe à sa porte, il m’ouvre. Son visage exprime à la fois la surprise et la gaieté. Je lui bafouille mon excuse pour passer le voir à l’improviste. Je ne suis pas crédible deux secondes. Je m’en fous, la forme est sauve.
Nous prenons un ver. Il me propose du champagne. J’accepte son offre qui me semble pleine de promesse. Ca tombe bien, en plus j’aime le champagne.
Il me sert un bon verre et nous discutons sur les canapé de sa varangue.
Il me demande de me mettre à l’aise, d’enlever mes chaussures. Quelle idée saugrenue de demander à quelqu’un d’enlever ses chaussure pour se mettre à l’aise. Pour moi c’est tellement lier à l’inimité, voir même à l’érotisme, que ça aurait plutôt tendance à me mettre à l’aise.
Je m’exécute. Je me trouve con, j’ai une chaussette trouée. Cela le fait rire, me dit que ça me donne un côté plus humain.
Je ne comprends pas bien ce qu’il veut dire. C’est peut être l’effet du champagne. Ce qui est sûr c’est que l’ivresse monte.
Pourtant nous continuons à discuter, nous parlons de tout et de rien. Je n’ai pas le moindre souvenir de ce que nous nous sommes dit ce soir là.
Moment clé
Il est tard, je dois bosser tôt le lendemain. Il me raccompagne au portail de son jardin. La nuit est magnifique. La voie lactée brille comme jamais, pris par l’ivresse et la bonne humeur nous la regardons. La tension entre nous est palpable. Je meurs d’envie de l’embrasser, je sens que c’est réciproque.
Pourtant nous restons là, assis sur le capot de sa voiture, à regarder les étoiles.
Je prends cette fois vraiment congé. Je rentre chez moi le cœur léger.
Je le sais, demain Erwin sera à moi !
23/08/04 - 00:02
Oui, à toi !
pyram