J'écoute : mon coeur
Je regarde : au loin
Je lis : dans tes yeux
Je joue : au con
Je bois : tes lèvres
Je cite : Si j'étais sain d'esprit, ça se saurait
Je pense : trop
Je rêve : à demain
(mis à jour mercredi 13 juin 2007 à 17:16)

15/09/2004

15/09/04 - 09:13

Grave erreur (2)

Trois ans ont passé, la fin de la vie étudiante m’a séparé de Sébastien. Les adieux furent ratés. Je les avaient préparés, longuement. J’avais décidé de jouer le tout pour le tout et de lui dire enfin à quel point je l’aimais. J’étais enfin prêt à tout perdre, à mettre fin par la même à mon calvaire. Il devait m’accompagner en voiture à l’aéroport. Il a eu un empêchement, j’ai pris un taxi, occasion ratée. Je ne lui ai jamais dit ce qu’il avait représenté pour moi. Je l’ai eu quelques fois au téléphone, je ne l’ai revu qu’une fois, il vit à Londres maintenant je crois. J’ai coupé les ponts, totalement sans jamais l’oublier vraiment.
Pourtant je n’étais pas guéri. A commencé alors la désintoxication. Il fallait combattre ce manque et par autre chose que sa présence. Ce fut dur, atrocement dur, presque insurmontable. Tout me rappelait à lui, tout n’était rien sans lui. Il me fallait retrouver le goût des choses, le goût de la vie. J’ai alors presque effacé de ma vie ces trois années. Il fallait tout chasser de ce qui me liait à lui. J’ai pratiquement cessé de voir toutes les personnes que j’ai connues à l’époque et heureusement, j’avais déménagé. J’ai avancé alors, porté par les événements, progressant petit à petit, me reconstruisant peu à peu. J’ai progressivement remplacé la peine par le confort de l’absence de vie sentimentale. J’étais fragile, épidermique, je me raccrochais à ce que je pouvais, mes amis, ma famille, ma petite nièce qui venait de naître.
Le temps passait, passait, Sébastien restait toujours là, comme une présence indélébile, mais enfin je pouvais commencer à lui résister parfois, à l’oublier le temps de bribes de vie, de vraie vie. Un jour enfin tout c’est accéléré. Au téléphone avec un copain d’école, resté en contact avec Sébastien j’ai ouvert les yeux. Il m’a dit que Sébastien sortais depuis peu avec une fille que je connaissais et en était amoureux. Lui, Sébastien, amoureux, est-ce possible ? Et d’elle en plus ? J’aurais pu être jaloux. Non, au contraire, j’ai ri. Comment pouvait il tomber amoureux d’une fille aussi vide et grossière ? J’avais toujours détesté cette fille qui était en prépa avec moi, bien avant que je le connaisse, et qui n’était pas à Lille avec nous. Et là, j’ai enfin compris la vraie nature de Sébastien et j’ai ri, j’ai ri et j’ai eu honte. J’ai eu honte d’avoir été bête à ce point, si longtemps, bête d’avoir imaginé si complexe ce garçon qui n’était que léger. Le papillon Sébastien s’était pris dans la toile de la mégère. Moi enfin je voyais derrière les couleurs éclatantes que cette belle danse complexe n’était due qu’au mouvement de l’air dans lequel il voletait. Enfin l’image insolente était brisée, le charme n’avait plus d’effet.
En brisant l’idole de mon existence j’ai retrouvé ma liberté. Enfin je pouvais commencer à prendre ma vie en main. Destin je t’attendais de pied ferme, tu pouvais bien te montrer, tu n’existais plus pour moi.

commentaires

15/09/04 - 09:58

"L'amour rend aveugle."

15/09/04 - 18:35

Il m'est arrivé exactement mais alors EXACTEMENT la même chose pendant trois ans avec Thierry. il m'a fallu cinq ans pour m'en remettre car meme a la fin les mecs que je rencontrais étaient des pâles copies de Thierry. je m'en rendais compte un peu tard.

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