J'écoute : mon coeur
Je regarde : au loin
Je lis : dans tes yeux
Je joue : au con
Je bois : tes lèvres
Je cite : Si j'étais sain d'esprit, ça se saurait
Je pense : trop
Je rêve : à demain
(mis à jour mercredi 13 juin 2007 à 17:16)

29/11/2004

29/11/04 - 02:11

Quand tout s'arrête

Juillet 1996

Les résultats sont tombés.
Je ne suis pas admis à HEC.

Je ne crois plus en ma bonne étoile. J'y ai cru dûr comme fer jusqu'à ce jour de juillet. Pour moi elle existait, c'était évident. Je me sentais un côté exceptionnel, je ne pouvais pas échouer.
Certains se diront que c'est stupide de jouer sa vie sur un simple concours. C'est vrai, le pari etait idiot.
"Dieu si tu existes, je te fais la proposition suivante : je rennonce à ma bonne étoile qui a toujours fait que j'ai cru en moi si tu me permets d'être aimé de Laurent."
Laurent a été admis à HEC, pas moi. Ironie du sort, il s'éloigne de moi par ce à quoi j'etais prêt à renoncer pour lui.
Avec le recul tout ceci paraît enfantin...cela ne l'etait pas du tout. Ce jour a marqué une rupture très nette dans ma vie, une rupture qui a brisé mon esprit.
Jusque là je réfléchissais beaucoup, je voulais comprendre, tout m'intéressait.
Ce jour a tout arrêté.

Je suis parti sur la route derrière la maison, j'avais décidé d'en finir. Ma vie n'avait plus de sens.
Mon esprit etait brisé, mon coeur aussi.
Je me préparais à mourir, je sentais la délivrance à cette déchirure approcher. Il fallait que je le fasse, plus rien de bon ne pouvais m'arriver.

Mon père avait compris. Il m'a retrouvé sur la route et m'a dit de rentrer à la maison. Par ces simples mots il m'a interdit la mort. Il m'a forcé à vivre, pour moi, pour eux surtout. Ma vie ne m'a plus appartenu depuis ces mots.
Je crois que je n'ai jamais pardonné à mon père de me l'avoir mise sous séquestre ce jour là.
Depuis je ne suis plus complètement moi. Je ne crois plus vraiment en moi.
Mon cerveau continue à tourner certes, mais il n'est plus que l'ombre de lui-même. Il n'a plus le goût du savoir. Il apprend par nécessité, il réfléchit par habitude.
Souvent avant je le sentais qui bouillonait, maintenant il paresse et ne se remet vraiment en branle que pour me dire qu'il souffre.
Juillet 1996...tout à changé.
Je me suis apperçu d'une chose ce soir. J'ai pensé à mes lectures. Avant cette date j'aimais les livres qui me faisaient réfléchir, depuis je n'aime plus que ce qui me distrait. Les livres de Nothomb en sont un exemple je crois. J'aime le jeu de ses livres, mais au final ils ne m'apportent rien d'autre qu'un plaisir passager. Je sorts indemme de la lecture de ces jeux de mots.
1996 ... Plus de huit ans que mon cerveau cherche ce qui s'est cassé en lui.

Quand à mon coeur, c'est encore une autre histoire.

commentaires

29/11/04 - 03:27

J'ai dû affronter une remise en question similaire, il y a six ans.
Mais la vie continue, tu sais.
Tu ne vis peut-être ta vie que pour tes parents, mais il s'en faudrait d'un rien pour que tu la vives pour d'autres personnes en plus.

Tu as été déçu, tu aurais voulu un avenir différent.
Mais le passé est le passé.
Le goût des choses te reviendra peut-être lorsque tu t'en seras rendu compte.

29/11/04 - 05:01

Allez mon grand, c'est pô grave : prends un cachou, tiens !

29/11/04 - 09:23

:-/

29/11/04 - 09:57

:-( pauvre bip ! chui tout dsl ! j'vosu embrasse ! et vous savze qu'on vous aime et qu'on est tous la !! et que vous vivez aussi pour nous, pour qu'on ait le plaisir et la joie de vous voir ! et c sincere !

29/11/04 - 10:02

Bip, c'est compréhensible. Cependant, l'impression d'avoir qqc de caché, c'est une chose en soi (au delà des causes). Les échecs, yen a plein dans une vie. Ce que tu dis sur la bonne étoile, je le ressens aussi depuis cette année: j'avais avant l'impression que tout se passait pour le mieux pour moi. Mais plus maintenant.

D'un autre côté, les malheurs, les échecs, les épreuves, c'est nécessaire dans une vie, c'est la réalité. Vivre sans échec, c'est perdre bcp de choses. J'ai même tendance à penser que les échecs sont plus importants que les réussites, pour forger une personalité.

Je te connais peu, mais je peux simplement te dire qu'il me semble que toutes tes faiblesses, il suffira que tu les exploites (sans les combattre), pour en faire des forces. J'arrête d'écrire ici, je préférerais t'en parler en privé.

Bisous Bip.

29/11/04 - 11:52

Si ça ce ne sont pas des avances Chapi, je ne m'y connais pas...

29/11/04 - 13:18

Le constat d'échec n'est pas toujours évident et fait souffrir ... Ca ne sert malheureusement à rien de rester fixé dans le passé avec des "si" ... J'apprends tous les jours que ca fait souffrir inutilement ... Tente de te tourner vers l'avenir. Si tu n'as pas concrétisé un rêve il y a 8 ans ... Ca ne t'empêche pas d'en concrétiser d'autres tout aussi ambitieux ! Donne toi une chance d'y arriver ... Crois en toi ... Si toi tu ne crois pas en toi, qui croira pour toi ?

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 

Indice TTD : 70% rising L Index : 10% falling

CE BLOG EST UN ESPACE PUBLIC. N'EN CONCLUEZ SURTOUT PAS QUE MA VIE EST UN ESPACE PUBLIC

ATTENTION VOUS ETES FILMES !

http://www.boursorama.com http://www.lefigaro.fr/ http://www.operadeparis.fr/